31 de dezembro de 2020

DE LA GRAINE AU BOURGEON VERAKIS – PARTIE 7

Le rôle de la presse dans la diffusion des informations sur l’alimentation et la nutrition et son influence tant sur la santé que sur l’idée que le public peut se faire de la science de la nutrition, est très important.

Peu à peu, j’ai remarqué que les informations (ou mieux les communications) sur l’alimentation et la nutrition diffusées par la presse n’étaient pas toujours en accord avec les connaissances scientifiques et les directives publiques.

Ces informations de type publicitaire ou même celles qui, plus structurées, sont de type journalistique, ayant pour objectif de stimuler l’acquisition de connaissances et de provoquer le changement des habitudes alimentaires, sont parfois néfastes pour la santé des consommateurs.

Le nombre d’informations sur l’alimentation et la nutrition est important tandis que le contenu, le fond et le format sont des plus divers : allant de la pancarte aux magazines, de la sensibilisation des agents communautaires aux colloques professionnels jusqu’à la téléréalité.[1]

Comme l’a écrit Serva (2001 : 68) : « Le consommateur est de plus en plus exposé aux informations et aux messages concernant l’alimentation et la nutrition, mais malgré cela, il est de plus en plus confus et se perd au milieu des informations diverses et divergentes ».

Aujourd’hui, on déplore une augmentation importante des cas de maladies nutritionnelles et de troubles alimentaires dans le monde, alors que les informations ne cessent de s’accumuler et les progrès de la science de se poursuivre.

Ces fâcheux résultats sont aussi la conséquence des spécificités mêmes de la science de la nutrition, science récente et placée au carrefour de presque toutes les autres, ce qui rend son interprétation délicate.

Les spécialistes de la nutrition la montrent comme étant elle-même la cause de ces  mauvaises divulgations.

Pour Gallouin (2001 :5) « Les hygiénistes (diététiciens) puis les endocrinologistes ont […] largement développé les connaissances scientifiques sur les besoins de l’organisme humain et les métabolismes. Leur discours n’a pas toujours été correctement relayé par les médias et compris par le public. Ces imprécisions sont encore aujourd’hui responsables d’idées fausses en alimentation humaine qu’il est bien difficile d’essayer de corriger ».

Day, H.G. et collaborateurs (1970), en étudiant les premiers articles sur la nutrition parus dans la presse entre 1922 et 1946, a remarqué aussi l’évolution des messages au fil du temps, ceux-ci pouvant provoquer un sentiment de confusion, voire de doute, auprès du grand public. Il fallait tout d’abord manger davantage de variétés de bons aliments ; plus tard, il fallait en manger moins. Ensuite on a classé les aliments en deux catégories : les mauvais et les bons (avant, tous les aliments étaient bons). Auparavant, le sucre était l’ennemi des régimes amincissants ; aujourd’hui, ce sont les graisses qui provoquent la prise de poids ; il faut manger le moins possible et ainsi de suite. Tout cela ne fait que montrer qu’en nutrition, comme en d’autres domaines d’ailleurs, la science évolue.

Juliana T. Grazini dos Santos – Docteur en Information et communication, Nutritionniste, Créatrice de Verakis. 

 

Source: Morceaux de l’introduction de la ma thèse de doctorat: “La science de la nutrition diffusée au grand public en France et au Brésil – Le cas de l’alimentation maternelle infantile. Thèse dirigée par Baudouin JURDANT

 

[1] En 2003, dans l’émission «Je veux maigrir », sur M6, on voyait des candidats relever le défi qui leur était proposé de maigrir. Chaque candidat avait son  « coach » et chaque « coach » défendait sa propre  méthode d’amaigrissement. Une fois par semaine, le public pouvait se « régaler » de l’évolution des traitements avec les extraits de la semaine des candidats et les explications théoriques des « coachs » sur leur méthode et les attitudes qu’ils ont prises avec leur candidat. On avait l’impression de voir des spécialistes dans une arène appliquant leurs traitements sur des cobayes humains, et se battant, discrètement, pour défendre leur doctrine (ici leur manière de traiter la surcharge de poids ou l’obésité). Même si le bien-fondé de chaque traitement n’était pas vraiment expliqué, les animateurs tentaient d’enthousiasmer le public avec de belles images, en essayant de diffuser des informations à caractère scientifique. Ces informations étaient très superficielles et la plupart du temps globalisées sans tenir compte de l’individualité de chaque « cobaye » et de l’intérêt réel de l’information pour le public. En fin de compte toute la mise en scène de cette « téléréalité » bien préparée, semblait ne servir qu’a la promotion des techniques de traitement et des spécialistes qui y étaient associés. Il semblerait que le conseil de l’ordre des médecins n’a pas saisi immédiatement les enjeux médicaux d’une telle émission. Il ne serait pas inapproprié de présenter des traitements au grand public, mais en faisant savoir que l’efficacité d’un traitement médical est surtout et forcément déterminé par le diagnostic du dysfonctionnement et la détermination de ses causes ? Il y aurait beaucoup de commentaires à faire sur la téléréalité ayant pour objet la médecine et la nutrition ! M6 a diffusé depuis 2 autres programmes semblables, tous deux ne faisant intervenir qu’un seul spécialiste comme détenteur du savoir. Ce spécialiste, Michel Cohen, se trouve sous les feux de la rampe et ses livres se vendent comme des petits pains. On dirait qu’il a découvert la recette magique pour traiter la surcharge pondérale. Mais non, il a simplement su bien médiatiser quelques propos généraux sur la science de la nutrition.

 

Imagem: Aleksandr Kondratov