19 de novembro de 2020

DE LA GRAINE AU BOURGEON VERAKIS – PARTIE 4

Et mes raisonnements continuaient:

b) Les connaissances résultant de la science de la nutrition sont généralisées et appliquées à toutes les communautés.

Par exemple, il était préconisé de peser les enfants tous les mois afin de diagnostiquer et/ou prévenir une dénutrition possible.

Les agents communautaires[1] étaient donc chargés de cette tâche. On les entraînait à peser, on leur apprenait à faire un diagnostic, sans pour autant les sensibiliser aux particularités de chaque enfant.

Ou encore, « nos agents communautaires » donnaient des orientations diététiques aux mères d’enfants de poids faible, ces conseils étant destinés surtout aux familles dont les ressources alimentaires étaient minimes.

C’est souvent le cas dans la région nord-est du Brésil, comme dans certains pays africains.

Même si ces enfants habitaient une favela  de São Paulo, il n’y avait aucun profit pour eux à leur faire prendre du poids avec des « farines » de céréales provenant de « déchets »  de produits industriels[2]. Le riz, les haricots, le pain et le lait qui composent la nourriture de base des pauvres, sont aisément accessibles aux personnes défavorisées. A cela s’ajoute, dans les grandes villes, le soutien des associations caritatives.

En outre, pour les salariés les plus démunis, il existe des « paniers basiques »[3] d’aliments fournis par leurs entreprises.

À São Paulo, on n’a pas besoin de faire 20 km pour aller chercher deux seaux d’eau, par exemple.

Chaque situation est singulière et il n’est pas raisonnable de vouloir imposer à tous le même comportement diététique.

 

Juliana T. Grazini dos Santos – Docteur en Information et communication, Nutritionniste, Créatrice de Verakis. 

 

Source: Morceaux de l’introduction de la ma thèse de doctorat: “La science de la nutrition diffusée au grand public en France et au Brésil – Le cas de l’alimentation maternelle infantile. Thèse dirigée par Baudouin JURDANT

 

Image: Grande

[1] Ce sont des personnes qui, vivant au sein d’une communauté, sont  choisies comme « porte-parole » et meneurs de projets. Ces personnes sont choisies par les commanditaires de ces projets au nom de leur charisme et de leur personnalité.

[2] Dans les années 80/90, au Brésil on suggérait comme alternative pour traiter les enfants dénutris un complément alimentaire fait à partir de certains « restes » de produits consommables pas facilement accessibles aux populations défavorisées. Ce complément a été décrédibilisé car présentant des contre indications nutritives, et en raison de son caractère non-éthique (le meilleur pour les uns, les restes pour les autres).

[3] Cesta básica de alimentos : remis à certains employés, en raison de leur salaire modeste et qui contient une variété d’aliments qui composent l’alimentation habituelle du brésilien moyen : riz, haricots, huile de tournesol, beurre, sucre, café…