27 de maio de 2021

De la graine au bourgeon – Verakis Partie 17

… Selon la Fédération Européenne des Associations de Diététiciens (E.F.A.D.), «  le diététicien est une personne qui a une qualification légalement reconnue (en nutrition et en diététique) pour appliquer les sciences de la nutrition à l’alimentation et l’éducation de groupes de populations et de personnes individuelles, qu’ils soient bien portants ou malades. »

Aux Pays-bas, quatre[2] ans d’étude sont nécessaires pour former un diététicien qui alors exerce comme technicien.

Au Portugal, en plus des diététiciens, la formation universitaire en Sciences de la Nutrition et Alimentation, donne le droit d’exercer comme nutritionniste.

Ces diverses activités et appellations ne sont pas toujours claires pour la majorité des communicateurs, qui tombent dans les pièges des spécialistes « passe partout », du genre « qui savent tout » ou ceux qu’on peut toujours inviter, qui donnent toujours de « belles réponses », dont on  sait qu’ils feront une belle composition, qu’ils ne créeront pas de difficultés et en plus qui parlent abondamment sans problèmes , les « fast-thinkers », « spécialistes de la pensée jetable » comme les a nommé Bourdieu , dans le contexte de la télévision, mais qui peuvent aussi être considérés comme tels pour les autres médias. (Bourdieu, 1996 : 38)

Notre manque de connaissances du métier de communicateur nous rendait très critiques envers les journalistes. Nous ne comprenions pas les retards, l’absence de retour de nos informations, la publication ou la transmission des matériaux sans notre accord… Nous aurions voulu pouvoir prendre connaissance des articles ou des reportages avant qu’ils soient mis sous les yeux du public.

La publication de certaines interviews nous mettait dans des situations délicates vis-à-vis de nos pairs. Le pire c’était lorsque les informations publiées n’avaient rien à voir avec celles que nous avions transmises, nos raisonnements étaient détournés. Ce qui nous désespérait le plus, c’était surtout la façon dont les montages pour la télévision déformaient nos propos et nous donnaient l’impression d’avoir dit ce qu’on n’avait pas dit. Par exemple quand on nous montrait disant que les suppléments alimentaires pouvaient être utilisés, mais qu’on coupait le « parfois » et qu’on attachait nos paroles à celle d’un attaché de presse d’une industrie de suppléments alimentaires et qu’à la fin on avait l’impression d’avoir soutenu la promotion des produits  pharmaceutiques.

Notre absence de connaissances sur le journalisme et des facteurs intervenant dans la conception et diffusion des messages, ainsi que des différents acteurs intervenants, ne faisait qu’accroître les incompréhensions entre journalistes et spécialistes. Cela devenait une évidence lors de nos expériences comme médiateurs entre source d’information et journalistes.

Progressivement, nous prenions conscience de la situation dont Stepczynck (1999 : 65) parle : « Plus fréquemment par manque de temps, mais aussi par manque de compétence, les journalistes ne connaissant que superficiellement le thème qu’ils travailleront, ne sont par conséquent pas en mesure de poser les questions appropriées ou de vérifier la pertinence des réponses obtenues ».

Nos interlocuteurs journalistes, en tant que médiateurs entre les médias et les scientifiques, nous plaçaient dans des situations diverses mais toujours telles que leur diversité n’avait pour nous aucun charme, la surprise qu’elle nous réservait étant toujours désagréable :

– tantôt le journaliste se présentait à nous mal préparé pour aborder et surtout discuter le thème à l’ordre du jour et posaient des questions élémentaires et sans intérêt à des scientifiques de renom ;

– tantôt, à l’inverse, il se montrait émerveillé par l’interlocuteur, le considérant comme détenteur d’un savoir inaccessible ;

– ou bien, enfin, il était si pressé qu’il écoutait à peine le scientifique, prenait des notes en toute hâte, sans penser sérieusement à ce qu’il écrivait.

Le résultat était souvent catastrophique, surtout lorsque le compte rendu de l’entretien était complètement déséquilibré, les parties les plus importantes étant bâclées, alors que l’auteur se  complaisait dans des broderies autour d’un terme technique dont il ne connaissait pas le sens, mais dont la consonance lui paraissait pittoresque et apte à impressionner le lecteur.

Après de telles expériences, la méfiance et le mépris régnaient dans les rapports entre les scientifiques et les médias.

[1] Avec les changements dans l’enseignement supérieur en Europe, proposés par le processus de « La Sorbonne/Bologne » (1998 1999),  « l’ADLF a rédigé, en 2004, un référentiel métier, basé sur les compétences attendues selon les champs d’activités et d’application investis (Information Diététique n°2-2004). Ce référentiel sera revu en groupe de travail (UIPARM, ….) et validé par d’autres professionnels. Ce projet, c’est une formation compétitive, universitaire pour tous les diététiciens avec :  grade Licence, niveau universitaire, validé par un Diplôme d’Etat délivré par le ministère de la Santé et donnant le droit d’exercer. Ce niveau pourra être poursuivi par un grade de Master amenant à un niveau d’expertise, intéressant notamment dans le cadre du transfert de compétences pour les coopérations interprofessionnelles. Enfin la poursuite vers un grade Doctorat peut-être envisagée pour une partie de la profession qui souhaite se diriger dans la recherche et l’enseignement doctoral. Pour l’instant la formation du diététicien en France, continue sans changement. »  La majorité des pays européens a déjà adapté les formations selon les propositions Sorbonne/Bologne.  (ADLF – http://www.adlf.org/reforme-etudes-dietetique.html)

[2] Peut-être  cinq avec les changements « La Sorbonne/Boulogne ».

 

Juliana T. Grazini dos Santos – Docteur en Information et communication, Nutritionniste, Créatrice de Verakis. 

Ceci est le dix-septième chapitre de la “saga” qui qui raconte les fondations de Verakis.

Lisez les chapitres antérieurs:

De la graine au bourgeon – Partie 16

 

 

Source: Morceaux de l’introduction de la ma thèse de doctorat: “La science de la nutrition diffusée au grand public en France et au Brésil – Le cas de l’alimentation maternelle infantile. Thèse dirigée par Baudouin JURDANT

 

Imagem: Ondrej Prosicky