15 de April de 2021

De la graine au bourgeon Verakis – Partie 14

Les rapports entre spécialistes et journalistes

Au cours de mon activité professionnelle, j’ai pu moi-même faire l’expérience d’être utilisée comme source d’information pour les médias. Cette expérience m’a fait évoluer dans mon raisonnement sur le rôle des médias, leur rapport avec les professionnels spécialistes en nutrition, le rôle des professionnels dans l’offre de connaissances sur la nutrition, le positionnement des professionnels spécialistes face aux médias et les conséquences des informations véhiculées sur les habitudes alimentaires et la santé des populations.

Etant moi-même une source d’informations et faisant partie d’une communauté de scientifiques et spécialistes, le fait de parler aux médias a été quelque chose de très ambigu. Je me sentais partagée entre un sentiment de fierté pour avoir été choisie comme porte-parole—ce qui me donnait la possibilité d’agir auprès du grand public et de contribuer ainsi à la propagation de nos points de vue—et une sensation d’échec en constatant que « nos » paroles étaient transformées, réécrites et publiées sous une forme qui ne correspondait pas toujours à notre logique « technoscientifique ».

Pendant que mon expérience professionnelle se déroulait, je pénétrais le « monde scientifique » comme étudiante, en tant que membre d’une équipe de recherche.

J’appris que le chercheur doit avoir ce qu’on appelle l’ « esprit scientifique », lequel implique la capacité de critique, l’objectivité et la rationalité. J’appris également que l’objectivité s’acquiert par l’exercice constant du refus de la subjectivité, celle-ci ayant une incidence très forte dans la nature biologique, psychologique et sociale de l’être humain. (Cervo et Bervian, 1972)

Pour que la recherche scientifique soit poursuivie dans cet esprit critique, avec l’objectivité et la rationalité nécessaires, le chercheur doit s’efforcer de parfaire l’organisation de son travail. C’est ce qu’on appelle la méthode. Cette méthode est une mise en ordre imposée dans la succession des processus sélectionnés pour atteindre les résultats, et elle dépend de la nature du sujet traité. Elle peut être représentée comme une distance à parcourir régulièrement jalonnée de façon à marquer les moyens et les étapes que le chercheur doit couvrir pour parvenir aux résultats.

Bien entendu, la méthode ne se substitue pas au talent ou à  l’intelligence d’un chercheur, mais elle organise l’acquisition des résultats, leur éventuelle comparaison et leur crédibilité auprès de la communauté scientifique. La méthode permet de vérifier la construction,  d’éviter les conclusions hâtives, nées de la précipitation ou de l’imprécision.

Juliana T. Grazini dos Santos – Docteur en Information et communication, Nutritionniste, Créatrice de Verakis. 

 

Ceci est le quatorzième chapitre de la “saga” qui qui raconte les fondations de Verakis.

Lisez les chapitres antérieurs:

De la graine au bourgeon Verakis – Partie 13

 

 

Source: Morceaux de l’introduction de la ma thèse de doctorat: “La science de la nutrition diffusée au grand public en France et au Brésil – Le cas de l’alimentation maternelle infantile. Thèse dirigée par Baudouin JURDANT

 

Image: joelfotos