11 de fevereiro de 2021

DE LA GRAINE AU BOURGEON VERAKIS – PARTIE 10

… Ou encore, comme le montre très bien Le Bœuf et Pélissier (2003 : 7), « … il n’y a pas lieu de l’ignorer, l’offre dans le domaine de l’information scientifique correspond à un vaste mouvement de segmentation des marchés de l’information dépendant de logiques commerciales propres pour capter des audiences pertinentes pour les annonceurs. Elle est donc aussi à envisager comme un « produit » dont les contours spécifiques correspondent, comme tout autre bien de même nature sur le marché de l’information, à une politique éditoriale. »

Selon une étude bibliométrique de l’INSERM, entre 1998 et 2002, les industriels ont été associés à près de 8% des publications  scientifiques dans le domaine de la nutrition, en France.

Au-delà des préoccupations commerciales de la presse d’aujourd’hui, il est clair que le professionnel chargé de la transmission de connaissances dites « scientifiques » (journaliste, médiateur, consultant, …) n’a pas toujours les connaissances nécessaires pour apprécier les résultats d’une recherche scientifique et moins encore pour anticiper ses développements possibles. En effet, la formation journalistique et les pratiques de la profession sont telles que le temps semble insuffisant pour approfondir l’analyse sur un sujet donné, parmi les centaines de sujets que traite la revue. Dans ces conditions le contrôle des informations transmises et la vérification de leur alignement sur les directives des organismes compétents, semblent ne pas exister. Y a t-il une réelle conscience au sein des équipes rédactrices de ces magazines, de l’importance d’une information fiable et juste sur l’alimentation et la nutrition infantiles, pour la mise en place des habitudes qui aideront à combattre les dysfonctionnements physiologiques et comportementaux provoqués par des années de laisser-aller, et de montée en puissance de la promotion de produits nutritionnellement déséquilibrants ?

Mis à part quelques abus, ces publications représentent plus qu’une stratégie de promotion personnelle et professionnelle. Elles constituent avant tout le moyen de rendre publics, de mettre à la portée de tous, les résultats des recherches menées, afin de promouvoir l’évolution de la science et, quand cela est possible, d’instruire le public dans le domaine étudié.

La publication des résultats scientifiques fait apparaître l’absence de toute certitude dans le domaine de la biologie. Cependant les moyens de communication de masse, pour ce qui est de la vulgarisation de la science de la nutrition, d’une manière ou d’une autre, déforment les résultats scientifiques, quand ils omettent ou maquillent les commentaires qui accompagnent la publication et les présentent comme des vérités simples et absolues.

Cela nous incite à questionner les communicateurs sur leurs connaissances des spécificités des sciences biologiques et, plus précisément, sur leur compétence en matière de nutrition. Il s’agit en somme de réfléchir aux informations dans ce domaine telles qu’elles sont véhiculées par les moyens de communication de masse.

Juliana T. Grazini dos Santos – Docteur en Information et communication, Nutritionniste, Créatrice de Verakis. 

 

Ceci est le dixième chapitre de la “saga” qui qui raconte les fondations de Verakis.

Lisez les chapitres antérieurs:

DE LA GRAINE AU BOURGEON VERAKIS – PARTIE 9

DE LA GRAINE AU BOURGEON VERAKIS – PARTIE 8

 

Source: Morceaux de l’introduction de la ma thèse de doctorat: “La science de la nutrition diffusée au grand public en France et au Brésil – Le cas de l’alimentation maternelle infantile. Thèse dirigée par Baudouin JURDANT

Imagem: suju