5 de August de 2021

De la graine au bourgeon – Verakis partie 23

Hercberg et De Courcy (1999), dans un texte alarmiste « Contre la désinformation nutritionnelle » dans lequel des chercheurs scientifiques de l’INSERM, CNRS, INRA, CNAM, hospitaliers et universitaires,  plaident contre la transmission inadéquate d’informations scientifiques, dans le domaine de la science de la nutrition. Ils s’insurgent « contre l’utilisation de contrevérités manifestes, d’incohérences évidentes et d’extrapolations douteuses, aboutissant à une véritable tromperie vis-à-vis des lecteurs et pouvant avoir des conséquences néfastes sur leurs comportements. » (Hercberg et De Courcy, 1999 : 2)

Selon Hecberg et De Courcy (1999 : 3), « Les conséquences de tels articles peuvent également être déplorables sur les habitudes alimentaires de nos concitoyens. Il y a certes beaucoup de points à améliorer sur ce plan, mais en diabolisant des aliments, en en déifiant d’autres, les auteurs vont à l’encontre de tous les travaux développés depuis de longues années mettant en évidence l’importance de nos comportements globaux, en termes d’équilibre, de diversité et de qualité nutritionnelle de notre alimentation et de notre hygiène de vie. » 

Comme l’explique très bien Pracontal (2001 : 15) : « … dans une culture surmédiatisée, qui accorde une grande crédibilité à la science ou à ce qui passe pour scientifique, tout en étant régie par la dictature du marché et de l’audimat, rend de plus en plus difficile la tâche de départager le vrai du faux. Quand l’impact du message finit par l’emporter sur son contenu, le réel s’affaiblit. Il faut être particulièrement têtu, ou inconscient, pour persister à soutenir que le charbon est noir et que deux fois deux font quatre ! » 

 « L’ennui, c’est que nous finissons par être hypnotisés par ces messages sans dimension critique qui nous abreuvent. », comme l’affirme Pracontal (2001 : 124) 

Pour Sjöström et Stocley (2000) l’intérêt disproportionné des medias aux polémiques sur les messages marginaux, amoindrit la portée de l’essentiel des messages diététiques biens fondés. 

Pour Liisberg (1992 : 291), « s’il existait une meilleure compréhension entre le monde de la santé et ceux qui produisent ce que l’on entend, ce que l’on voit et lit, des messages positifs pourraient beaucoup contribuer à faire évoluer certaines habitudes qui compromettent la santé. Une information claire et précise constitue la première étape sur la voie d’une amélioration de la situation ». 

« Le  National Institute of Mental Health  aux Etats-Unis a même proclamé l’urgence pour les professionnels de la santé d’étudier, pour mieux les contrôler, les messages de santé indirects, qui rivalisent avec les messages « rationnels » de santé. » (Dubois, 1996 : 57)

En résumé, et pour toutes les raisons évoquées ci-dessus et les arguments avancés par les nombreux auteurs cités ; on peut affirmer que la divulgation éclairée des travaux de la science de la nutrition représente une partie importante, en raison principalement de son impact sur la santé publique, de la vulgarisation scientifique.

Juliana T. Grazini dos Santos – Docteur en Information et communication, Nutritionniste, Créatrice de Verakis. 

Ceci est le vingt-troisième chapitre de la “saga” qui qui raconte les fondations de Verakis.

Lisez les chapitres antérieurs:

De la graine au bourgeon – Verakis partie 22

De la graine au bourgeon – Verakis partie 21

Source: Morceaux de l’introduction de la ma thèse de doctorat: “La science de la nutrition diffusée au grand public en France et au Brésil – Le cas de l’alimentation maternelle infantile. Thèse dirigée par Baudouin JURDANT

Imagem: Kostya Zatulin