10 de November de 2022

De branche en branche – Verakis Partie 37

Communiqués de presse

Au Brésil, parmi les huit communiqués de presse parus dans les magazines choisis pour la présente étude au cours de l’année 2001, aucun ne fait état d’aliments, non plus que d’accessoires d’alimentation ou de produits à effet alimentaire ou nutritionnel.

En France, au cours de la même période, un grand nombre de communiqués de presse sur les produits alimentaires ou ayant un rapport avec l’alimentation (une cinquantaine, en moyenne) ont été publiés.

Sans doute les investissements des industries alimentaires sont-ils différents au Brésil de ce qu’ils sont en France. Néanmoins, on doit constater que la notion de communication responsable et éducative n’était pas encore une préoccupation majeure chez les publicitaires brésiliens, pour ce type de produits.

Le communiqué de presse coûte cher et apporte des informations que le lecteur brésilien est censé demander de préférence au médecin, au nutritionniste, voire à la télévision ou à la radio.

En France, on a recours pour ce genre d’informations, à la radio, à la télévision ou à la presse spécialisée.

Il est utile de signaler également que ce type de communication dont le but est de faire connaître aux lecteurs des produits alimentaires et de les inciter à les acheter, est en même temps vecteur d’un grand nombre d’informations sur l’alimentation et la nutrition.

Ces informations sont, bien entendu, utilisées pour mettre en valeur les qualités du produit et s’appuient souvent sur des résultats d’études « scientifiques » et, par conséquent, sur la « science » elle-même.

Les produits les plus fréquemment cités dans les communiqués de presse sont les laits 2ème âge.

Le fait de trouver des communiqués de presse sur les fast-foods et les chewing-gums dans des revues de puériculture destinées au grand public, pourrait faire l’objet d’une discussion. Le bien-fondé de leur présence dans des revues de puériculture destinées au grand public peut être contesté : pour les fast-foods, en raison des critiques sévères que mérite le rôle joué par ce genre de restauration dans le développement de l’obésité infantile ; pour les chewing-gums, à cause de leur mauvaise influence sur la santé dentaire, sur le mécanisme de régulation de l’appétit et de la satiété des enfants et même, dans certains cas, en raison de leur responsabilité dans des dysfonction­nements stomacaux.

Les substituts de repas (sachets de poudre hyper-protéiné) sont les seuls produits retrouvés dans la catégorie « Produits liés à l’alimentation ». Ce type de produits à la mode, en France, accompagnent les régimes magiques, rapides avec des efforts parfois lourds, mais passagers. Ils favorisent le schéma « je mange / j’ai fauté, le lendemain je dois me faire pardonner, et je compense avec ma formule amincissante ».

Le plus surprenant est le fait qu’on en soit arrivé à vanter les mérites d’une certaine « gomme artificielle à mâcher » au motif qu’elle enrichirait l’organisme en fluor et en calcium.

Un des facteurs liés à la croissance de l’incidence de troubles alimentaires tels que l’anorexie et la boulimie, est ce qu’on définit comme « la dictature du corps parfait » qui peut être résumé par la recherche du corps dont l’image est surtout véhiculée par les moyens de communication de masse. L’image corporelle n’est pas en elle-même une cause de ces maladies, mais un moyen d’expression d’un mal-être émotionnel profond, comme la mélancolie auparavant.

La diffusion de l’image d’un corps présenté comme parfait (même si l’on sait bien que la perfection n’existe pas) devrait être précédée d’un peu plus de réflexion et de prudence de la part des éditeurs et responsables de la communication, surtout lorsqu’il s’agit de revues à grand tirage destinées à un lectorat bien précis, en l’occurrence les femmes en période gestationnelle et post-gestationnelle.

Sans doute, le grand nombre de communiqués de presse sur les aliments et produits liés à l’alimentation et, par conséquent, le grand nombre d’informations sur l’alimentation et la nutrition diffusées par ce canal auraient mérité un examen critique approfondi. Cet examen n’a pas été abordé dans notre étude pour les mêmes raisons que celles invoquées à propos des annonces publicitaires : ces informations à caractère commercial ne sont ni élaborées, ni gérées par les éditeurs des magazines, même s’ils se doivent d’avoir un regard critique sur les informations diffusées par les encarts alloués aux publicitaires, et même si dans certains cas, il existe un lien entre les journalistes, les éditeurs et les publicitaires.

Juliana T. Grazini dos Santos – Docteur en Information et communication, Nutritionniste, Créatrice de Verakis. 

Ceci est le trente-sixième chapitre de la “saga”  qui raconte “les fondations” de Verakis.

Lisez les chapitres antérieurs:

De branche en branche – Verakis Partie 36

 

Source: Morceaux de l’introduction de la ma thèse de doctorat: “La science de la nutrition diffusée au grand public en France et au Brésil – Le cas de l’alimentation maternelle infantile. Thèse dirigée par Baudouin JURDANT

Imagem: Julia Ardaran