7 de April de 2022

De branche en branche – Verakis Partie 31

Le nombre et les types de produits annoncés au Brésil s’expliquent par les facteurs suivants :

  1. Les investissements publicitaires dans la presse sont moins importants qu’en France. En effet, les annonceurs brésiliens consacrent la plus large part de leur budget à la télévision, au cinéma, à la radio et, depuis quelques années, à Internet;
  2. Plus de 90 % des parents donnent à leurs enfants des repas préparés à la maison. Au Brésil le petit pot est considéré comme un produit de dépannage, fabriqué industriellement et qui, de ce fait, n’a pas vraiment de goût, alors que le repas préparé, soit par la « jeune fille au pair » (très fréquente dans les foyers brésiliens), soit par tout autre membre de la famille (les enfants sont très souvent gardés par leurs grands-parents), soit encore par la cuisine de la crèche, soit enfin, bien sûr, par les parents eux-mêmes, est plébiscité et d’ailleurs conseillé par les professionnels de la santé ;
  3. La publicité, comme tout autre forme de promotion commerciale sur les laits infantiles des 1er et 2e âges est interdite au Brésil.. (Norme Brésilienne de Commercialisation d’Aliments pour nourrissons – NBCAL, résolution nº 5 du Conseil National de Santé -CNS).

Compte tenu des grandes campagnes d’incitation à l’allaitement maternel, les produits destinés à le remplacer ne peuvent donc faire l’objet d’une publicité qui serait considérée comme une opposition à ces campagnes.

  1. Les fruits, conseillés par les médecins et les nutritionnistes, et par ailleurs moins chers qu’en France, sont consommés en plus grandes quantités que les compotes industrielles. Selon le Comité de Nutrition de la Société Brésilienne de Pédiatrie, la diversification alimentaire des nourrissons doit commencer avec les fruits de saison crus, sous forme de jus ou de purée.
  2. La consommation de yaourt au Brésil est 2 (deux) fois moindre qu’en France, pour les raisons suivantes

– le yaourt est un produit industrialisé coûteux pour la population brésilienne ;

– la consommation du lait n’occupe pas une place importante comme en France dans les habitudes alimentaires des brésiliens, en raison notamment de la précarité de sa conservation dans les conditions climatiques humides et chaudes qui sont celles de zones tropicales ; aujourd’hui encore, les produits dérivés du lait ne sont consommés qu’avec réticence ;

– la population brésilienne n’a pas les mêmes besoins par rapport à l’ingestion de produits source de calcium et de vitamine D, que les habitants des zones tempérées ;

– l’excédent de la production de lait est destiné à la fabrication de mets sucrés, comme les confitures au lait, du lait concentré sucré (on en consomme plus qu’en France) et d’autres sortes de sucreries.

 

Juliana T. Grazini dos Santos – Docteur en Information et communication, Nutritionniste, Créatrice de Verakis. 

Ceci est le vingt-neuvième chapitre de la “saga”  qui raconte les fondations de Verakis.

Lisez les chapitres antérieurs:

De branche en branche – Verakis Partie 30

De branche en branche – Verakis Partie 29

Source: Morceaux de l’introduction de la ma thèse de doctorat: “La science de la nutrition diffusée au grand public en France et au Brésil – Le cas de l’alimentation maternelle infantile. Thèse dirigée par Baudouin JURDANT

Imagem: Julia Ardaran